COMMUNIQUE DE PRESSE SUR LES ATTAQUES COORDONNEES ET LA DEGRADATION DE LA SITUATION SECURITAIRE EN REPUBLIQUE DU MALI

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COMMUNIQUE DE PRESSE SUR LES ATTAQUES COORDONNEES ET LA DEGRADATION DE LA SITUATION SECURITAIRE EN REPUBLIQUE DU MALI

La Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples (la Commission) exprime sa vive préoccupation quant aux informations faisant état d’attaques armées coordonnées survenues le 25 avril 2026, dans plusieurs localités de la République du Mali, et ayant entraîné des pertes en vies humaines, des blessés et d’importants dégâts matériels.

Selon les informations qui nous sont parvenues, ces attaques simultanées auraient été menées par des groupes armés non étatiques, dont le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ainsi que des éléments du Front de libération de l’Azawad (FLA). Ces offensives auraient visé des positions militaires et des zones sensibles, y compris des infrastructures stratégiques et des zones résidentielles, plongeant plusieurs localités dans une situation de grande insécurité.

La Commission déplore les pertes en vies humaines, parmi les civils, les membres des forces de défense et de sécurité, ainsi que les hautes personnalités de l’État, notamment le ministre de la Défense, Monsieur Sadio Camara. Elle présente ses sincères condoléances aux familles endeuillées ainsi qu’au peuple malien et exprime sa pleine solidarité avec les autorités de la République du Mali. Elle souhaite en outre un prompt rétablissement aux blessés.

La Commission exprime sa vive inquiétude face à l’intensité et à la simultanéité des attaques, qui traduisent une dégradation préoccupante de la situation sécuritaire au Mali.

La Commission rappelle que le droit à la vie, consacré par l’article 4 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (la Charte africaine), demeure un droit fondamental et non dérogeable. Elle rappelle également que toutes les parties à un conflit armé ont l’obligation de respecter strictement les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution dans la conduite des hostilités, conformément aux normes applicables du droit international humanitaire et aux “Principes et lignes directrices sur les droits de l’Homme et des peuples dans la lutte contre le terrorisme en Afrique” (2015).

La Commission souligne que la protection des populations civiles constitue une obligation première de l’État, qui doit être assurée même dans des contextes de violence armée. Elle rappelle à cet égard que les États parties à la Charte africaine ont le devoir de prévenir les violations des droits de l’Homme, de protéger les populations exposées, de diligenter des enquêtes rapides, indépendantes et impartiales sur toutes les violations alléguées, et de poursuivre les auteurs devant les juridictions compétentes.

À la lumière de ce qui précède, la Commission africaine :
1.    Appelle les autorités maliennes à renforcer sans délai la protection des populations civiles, notamment dans les zones les plus affectées par les violences armées ;
2.    Invite les autorités compétentes à mener des enquêtes promptes, indépendantes, impartiales et effectives sur l’ensemble des violations alléguées du droit à la vie et des autres droits de l’Homme commises dans le cadre des attaques ;
3.    Exhorte toutes les parties impliquées à respecter strictement les obligations découlant du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’Homme, en particulier en ce qui concerne la protection des civils et des infrastructures civiles ; 
La Commission réitère son appel à l’Union africaine et à la Communauté internationale à intensifier leur soutien à la République du Mali et aux États de la région du Sahel afin de faire face à la menace persistante du terrorisme, tout en veillant à ce que les réponses sécuritaires soient pleinement conformes aux standards internationaux des droits de l’Homme.
Banjul, le 27 avril 2026

Honorable Commissaire Dr. Idrissa Sow
Président de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples
Président du Groupe de travail sur la Peine de mort, les Exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires et les Disparitions forcées en Afrique

Honorable Commissaire Rémy Ngoy Lumbu
Rapporteur spécial sur les défenseurs des droits de l'    Homme,
Point focal sur les représailles et Point focal sur l’indépendance judiciaire en Afrique
Commissaire en charge du suivi de la situation des droits de l’Homme en République du Mali