Communiqué de presse sur les inondations en République du Mozambique
La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (la Commission africaine) exprime sa profonde préoccupation face à la situation humanitaire alarmante que connaît la République du Mozambique à la suite de précipitations exceptionnellement abondantes ayant entraîné des inondations étendues, affectant particulièrement les provinces de Gaza, Maputo et Sofala, ainsi que d’autres zones du centre et du sud du pays.
La Commission africaine est particulièrement alarmée par l’ampleur des conséquences humaines. Selon les données officielles, plus de 513 000 personnes auraient été touchées, dont plus de la moitié sont des enfants, et plus de 50 000 personnes auraient été contraintes de quitter leur domicile et sont actuellement hébergées dans des centres temporaires.
La Commission prend note des informations faisant état d’un bilan de décès dépassant la centaine à l’échelle régionale, dont environs 30 enregistrés en Afrique du Sud et au Zimbabwé.
Les inondations ont causé des dommages considérables aux infrastructures et services essentiels, notamment les routes, ponts, centres de santé, les terres agricoles et autres infrastructures critiques, perturbant gravement les chaînes d’approvisionnement et l’accès à l’assistance.
La Commission africaine est en outre préoccupée par les risques accrus de maladies d’origine hydrique, d’atteintes à la nutrition, et d’interruptions de l’accès à l’éducation et aux soins.
La Commission souligne que la situation demeure évolutive et susceptible de s’aggraver, notamment en raison de la poursuite des précipitations, des débordements et des lâchers d’eau, ainsi que de l’entrée du pays dans sa saison cyclonique annuelle, exposant davantage les populations aux déplacements forcés et à la perte des moyens de subsistance.
Dans ce contexte, la Commission africaine reconnaît et suit de près les efforts déployés par le Gouvernement du Mozambique, avec l’appui de partenaires nationaux et internationaux, pour fournir une assistance aux communautés directement touchées, ainsi que les mesures prises pour évacuer et protéger les populations à risque.
Elle rappelle que, conformément à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, les États parties ont l’obligation de prendre des mesures appropriées pour garantir la protection des droits fondamentaux, notamment le droit à la vie, le droit à la dignité, le droit à la santé, le droit à l’éducation et le droit des peuples à un environnement satisfaisant et propice à leur développement.
La Commission africaine est convaincue que Mozambique ne ménagera aucun effort pour prendre des mesures qui s'imposent dans cette situation. Elle invite en conséquence les autorités mozambicaines à poursuivre et renforcer, autant que de besoin, les mesures visant à :
• assurer un accès effectif et sûr à l’eau potable, à l’assainissement, aux soins de santé, à la nutrition et à l’éducation, notamment dans les centres d’hébergement ;
• garantir une protection accrue des personnes les plus vulnérables, en particulier les enfants, les femmes, les personnes âgées et les personnes vivant avec un handicap, y compris contre les risques d’abus et d’exploitation en situation de déplacement ;
• intensifier les mécanismes d’alerte, d’évacuation et de prévention des risques, ainsi que la coordination avec les acteurs humanitaires, afin que l’assistance parvienne rapidement et sans entrave aux communautés affectées.
Enfin, la Commission africaine exprime sa solidarité avec le peuple mozambicain en ce moment de douleur et d’affliction, déplore la perte de vies humaines et les déplacements involontaires de populations, et appelle l’Union africaine, les Communautés économiques régionales, ainsi que l’ensemble des partenaires internationaux, à se mobiliser pour soutenir les efforts de réponse humanitaire, de relèvement et de reconstruction, permettant ainsi au Gouvernement de faire face à cette urgence dont les impacts dépassent les frontières nationales et affectent l’ensemble du continent.
À cet égard, la Commission rappelle l’importance de mettre en œuvre des réponses fondées sur les droits humains face aux catastrophes climatiques, conformément à sa Résolutions 417 (LXIV) 2019 sur les impacts, en matière de droits de l’homme, des conditions climatiques extrêmes en Afrique orientale et australe dues au changement climatique.
Banjul, le 22 janvier 2026
Honorable Commissaire Maria Teresa MANUELA
Commissaire chargée sur la situation des droits de l’homme en République du Mozambique
Honorable Commissaire Selma SASSI-SAFER
Rapporteur spécial sur les réfugiés, les demandeurs d'asile, les personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays et les migrants en Afrique








