Communiqué de presse sur l’attaque terroriste meurtrière contre des civils dans la région de Tillabéri en République du Niger
La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (la Commission) suit de près l’évolution de la situation des droits de l’homme en République du Niger et exprime sa profonde préoccupation à la suite de l’attaque terroriste perpétrée par des individus armés, ayant coûté la vie à trente-et-un (31) civils dans le village de Bosiye, commune de Gorouol, région de Tillabéri, survenue le 18 janvier 2026, dans la zone dite des « trois frontières », proche du Burkina Faso et du Mali.
La Commission condamne avec la plus grande fermeté ces violences et exprime sa solidarité avec les familles des victimes ainsi qu’avec l’ensemble du peuple nigérien.
La Commission est d’autant plus préoccupée que cet acte d’une extrême gravité s’inscrit dans un contexte marqué par la persistance et la recrudescence des attaques terroristes dans la région dite des « trois frontières », où les populations civiles sont régulièrement la cible d’actes de violences meurtrières (voir communiqués de la Commission du 27 mars et 18 septembre 2025) .
La Commission africaine rappelle que le terrorisme constitue une violation grave des droits de l’homme, tels que garantis par la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (la Charte), notamment les articles 4 et 5 relatifs au droit à la vie et à la dignité humaine, et une menace pour la paix, la sécurité, le développement et la démocratie.
La Commission rappelle, par ailleurs, que l’État nigérien, en tant que partie à la Charte africaine et à d’autres instruments pertinents, a l’obligation de protéger toutes les populations civiles vivant sur son territoire, de prévenir les violations, de diligenter des enquêtes rapides, indépendantes et impartiales sur les attaques, et de traduire les auteurs en justice.
La Commission africaine invite les autorités nigériennes à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la protection des communautés, en renforçant la présence et les dispositifs de protection dans les zones les plus vulnérables, en améliorant les mécanismes d’alerte, et en apportant une assistance humanitaire, médicale et psychosociale aux victimes et aux familles endeuillées.
La Commission réitère son invitation à l’Union africaine ainsi qu’à la Communauté internationale à redoubler d’efforts afin de prévenir et combattre le terrorisme et de consolider les actions et initiatives engagées dans la prévention et la lutte contre le terrorisme au Niger et dans d’autres pays du Sahel, tout en prenant en considération ses « Principes et Directives sur les droits de l’homme et des peuples dans la lutte contre le terrorisme en Afrique » (adoptés en 2015).
Fait à Banjul, le 21 janvier 2026
Honorable Commissaire Selma SASSI-SAFER
Commissaire en charge de la situation des droits de l’homme en République du Niger








