Communiqué de presse de la CADHP sur l’adoption par les Nations Unies de la résolution reconnaissant l’esclavage comme crime contre l’humanité, sous l’impulsion de la République du Ghana

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Communiqué de presse de la CADHP sur l’adoption par les Nations Unies de la résolution reconnaissant l’esclavage comme crime contre l’humanité, sous l’impulsion de la République du Ghana
26 mars 2026 | Banjul, Gambie

La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (la Commission/CADHP) se félicite chaleureusement de l’adoption, le 25 mars 2026, par l’Assemblée générale des Nations Unies, de la résolution historique reconnaissant la traite transatlantique et l’esclavage comme le crime contre l’humanité le plus grave, et appelant à une justice réparatrice.

Cette résolution d’une portée historique, adoptée avec le soutien d’une majorité significative d’États membres, marque une avancée majeure dans la reconnaissance mondiale des injustices profondes et durables engendrées par l’esclavage et la traite transatlantique. Elle affirme que ces atrocités, qui ont affecté des millions d’Africains et de personnes d’ascendance africaine, continuent de façonner les schémas contemporains d’inégalités, de discriminations et de sous-développement.

La Commission souligne que cette résolution revêt une importance morale, politique et normative considérable, et appelle la communauté internationale à engager un dialogue substantiel sur les réparations, incluant des mesures telles que des excuses officielles, la restitution et des garanties de non-répétition.

La Commission rend hommage à la République du Ghana, sous l’éminent leadership de Son Excellence le Président John Dramani Mahama, en sa qualité de Champion de l’Union africaine pour les réparations, pour avoir initié et conduit le processus ayant abouti à l’adoption de cette résolution. La Commission reconnaît l’engagement constant du Ghana en faveur de la justice historique, notamment son rôle moteur dans la présentation de cette résolution aux Nations Unies, à l’issue de vastes consultations et d’un engagement diplomatique soutenu.

La Commission rappelle que cette avancée s’inscrit dans la continuité des efforts continentaux et leur confère un nouvel élan, notamment la Proclamation d’Abuja sur les réparations pour l’asservissement, la colonisation et la néocolonisation des Africains (1993), la Proclamation d’Accra sur les réparations (2023), ainsi que l’agnda élargi de réparations de l’Union africaine (Thème de l’année 2025 et Décennie des réparations 2026 2036), la Résolution de la CADHP sur l’agenda africain des réparations et les droits humains des Africains de la diaspora et des personnes d’ascendance africaine à travers le monde – CADHP/Res.543 (LXXIII) 2022, ainsi que la Résolution de la CADHP en préparation du Thème de l’Année 2025 de l’Union africaine, intitulé : “Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine par le biais des réparations” – CADHP/Res.616 (LXXXI) 2024 qui consacre les réparations comme un impératif des droits humains.

La Commission réitère que l’esclavage, la traite transatlantique, le colonialisme et leurs séquelles constituent des violations graves des droits de l’homme et des peuples, dont les effets perdurent à travers les générations. À cet égard, la Commission appelle l’ensemble des États à :
•    Reconnaître l’impact durable de ces injustices historiques ;
•    Soutenir les initiatives internationales et régionales en faveur de la justice réparatrice;
•    Renforcer les mesures de lutte contre le racisme systémique, la discrimination raciale et les intolérances connexes ;
•    Promouvoir l’éducation, la mémoire et la préservation de la vérité historique comme composantes essentielles de la non-répétition.

La Commission insiste en outre sur l’importance de veiller à ce que cette reconnaissance mondiale se traduise par des actions concrètes, incluant l’élaboration de cadres juridiques, institutionnels et politiques appropriés pour traiter les injustices historiques et leurs manifestations contemporaines.

La Commission réaffirme son engagement à promouvoir l’agenda africain des réparations dans le cadre de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, et à œuvrer de concert avec les autres organes de l’Union africaine, les mécanismes des Nations Unies, les États membres et la société civile, afin de parvenir à la justice, à la dignité et à la réparation pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine à travers le monde.

Hon. Commissaire Dr. Idrissa Sow
Président de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP)