Déclaration de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples suite aux évènements survenus le 5 septembre 2021 en Guinée Conakry

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La Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (la Commission), à travers son Commissaire Rapporteur en charge du suivi de la situation des droits de l’homme dans ce pays, est profondément préoccupée par les événements qui ont eu lieu le 5 septembre 2021 à Conakry, République de Guinée.

Conformément à son mandat de promotion et de protection des droits de l’homme et des peuples en vertu de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (la Charte africaine), et en lien avec ces événements, la Commission rappelle le droit de tous les citoyens, tel que garanti par l’article 13 de la Charte africaine, de participer librement à la direction des affaires publiques de leurs pays, soit directement, soit par l’intermédiaire de représentants librement choisis, conformément aux règles édictées par la loi.

 La Commission réaffirme par ailleurs les principes énoncés dans sa Résolution sur les prises de pouvoir en violation de l’ordre institutionnel CADHP/Rés.213 (CCXIII) 12 adoptée le 2 mai 2012 lors de sa 51ème Session ordinaire tenue à Banjul, Gambie, et dans la Décision AHG/Dec.150 (XXXVI) de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine sur les changements anticonstitutionnels de gouvernement en Afrique qui, entre autres, condamne tout type de changement anticonstitutionnel de gouvernement comme anachronique et en contradiction avec l’engagement à promouvoir les principes démocratiques.

La Commission rappelle en outre les dispositions de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, de la Décision AHG/Dec.141 (XXXV) de la Conférence de l’Union Africaine, et de la Décision de Harare sur les changements anticonstitutionnels de gouvernement qui, entre autres, reconnaît que les principes de la bonne gouvernance, de la transparence et des droits de l’homme sont essentiels pour garantir des gouvernements représentatifs et stables et peuvent contribuer à la prévention des conflits.

La Commission espère que toute autorité issue de la situation en cours et qui fera office de Gouvernement de la Guinée, en tant que premier garant des droits de l’homme sur son territoire, respectera les obligations du pays découlant des différents instruments régionaux et internationaux ratifiés. Dans ce sens, il est impérieux de garantir l’intégrité physique et morale de toutes les personnes qui seraient détenues, en particulier le Président Alpha Condé, qui doit être libéré sans conditions et être libre de ses mouvements.

La Commission reste saisie la situation en Guinée Conakry et le Commissaire Rapporteur suit avec attention celle-ci.   

                                                                                         Fait à Banjul, le 6 septembre 2021